Petites bases de données, gros risques : comment assurer la protection de quelques centaines de clients seulement ?
Sommaire
- RGPD pour freelance et TPE : quelles sont vos vraies obligations minimales ?
- Pourquoi 80 % des TPE françaises sont encore vulnérables malgré le RGPD ?
- Sécuriser une base clients à moindre coût : les trois mesures techniques prioritaires
- Les meilleurs outils gratuits de cybersécurité pour TPE et freelances
- Former ses équipes à la cybersécurité sans budget : les ressources françaises gratuites
- Cyberattaque : que faire dans les premières heures pour limiter les dégâts ?
- Assurance cyber pour freelance et TPE : une protection indispensable, même pour 300 clients
- FAQ cybersécurité pour freelances et TPE
Vous êtes freelance, auto-entrepreneur ou dirigeant d'une toute petite structure. Vous avez quelques centaines de contacts dans un fichier Excel ou un CRM, et vous vous dites que personne ne s'intéresserait à vos données. C'est exactement ce que pensent la plupart des indépendants... jusqu'au jour où ça arrive.
Pourtant, les obligations de la CNIL s'appliquent dès la première donnée personnelle collectée. Et les sanctions prévues par le RGPD peuvent atteindre jusqu'à 4 % du chiffre d'affaires en cas de manquement grave. Pas de quoi dormir tranquille.
Avec la bonne méthode et les bons outils (souvent gratuits), une TPE peut se protéger efficacement, éviter la fuite de données et rassurer son assureur cyber. Voici comment.
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RGPD pour freelance et TPE : quelles sont vos vraies obligations minimales ?
Même une micro-entreprise doit respecter trois principes fondamentaux :
- Informer les clients sur l'usage de leurs données (facturation, newsletter, suivi commercial).
- Limiter la collecte au strict nécessaire (par exemple : nom et email pour facturer).
- Tenir un registre simplifié des traitements (RAT).
Le registre des traitements, c'est simplement un document interne qui liste :
- Les données collectées,
- Leur finalité,
- Leur durée de conservation,
- Les mesures de sécurité mises en place.
Il faut aussi prévoir un processus clair pour répondre aux droits des clients (accès, rectification, suppression), par exemple via une adresse email dédiée. Le stockage doit être sécurisé avec des accès limités et un chiffrement de base. Et en cas de fuite présentant un risque pour les personnes concernées, la notification à la CNIL doit intervenir dans un délai de 72 heures.
Pourquoi 80 % des TPE françaises sont encore vulnérables malgré le RGPD ?
Ces obligations existent depuis 2018. Et pourtant, 80 % des entreprises françaises seraient toujours non conformes. Ce n'est pas forcément par négligence : plusieurs réalités expliquent ce retard.
35 % des dirigeants citent le coût comme frein principal. Beaucoup n'ont pas d'équipe IT dédiée, ni de budget formation. Et surtout, il y a cette conviction tenace d'être "trop petit pour être ciblé". Une fausse impression qui coûte cher.
Car les erreurs humaines causent entre 80 et 95 % des incidents de sécurité. Un simple clic sur un email de phishing peut suffire à chiffrer toute une base clients.
Les erreurs les plus fréquentes observées dans les petites structures :
| Erreur fréquente | Impact pour une TPE | Outils concernés |
| Pas de MFA | Fuite ou intrusion en quelques heures | Google Sheets, Airtable |
| Absence de sauvegarde | Perte définitive des données | CRM, fichiers locaux |
| Accès excessifs | Téléchargement par ex-collaborateur | Drive, bases partagées |
| Formation inexistante | 60 % des attaques via phishing | Messagerie professionnelle |
Sécuriser une base clients à moindre coût : les trois mesures techniques prioritaires
La majorité des mesures essentielles sont gratuites. Il suffit de les appliquer dans le bon ordre.
Activer la MFA sur tous vos outils : le geste qui bloque 99 % des intrusions
L'authentification multifacteur (MFA) ajoute une seconde preuve d'identité en plus du mot de passe, via une application mobile ou un code temporaire. Elle bloque 99 % des intrusions liées au vol de mot de passe.
À activer en priorité sur :
- Google Workspace,
- Microsoft 365,
- Votre CRM,
- Vos outils e-commerce.
Sauvegarde 3-2-1 : la règle d'or pour ne jamais perdre vos données clients
La règle 3-2-1, c'est simple à retenir :
- 3 copies des données,
- Sur 2 supports différents,
- Dont 1 hors site (cloud sécurisé UE).

Voici les outils gratuits les mieux adaptés aux TPE :
| Outil | Bases supportées | Avantages pour TPE |
| Duplicati | Fichiers, CSV, SQL | Chiffrement AES-256 natif |
| Databasus | MySQL, PostgreSQL | Notifications temps réel |
| Iperius Backup Free | MySQL, MariaDB | Planification avancée |
Un test de restauration mensuel est fortement recommandé. Une sauvegarde non testée est une sauvegarde qu'on ne peut pas vraiment appeler sauvegarde.
Contrôle des accès RBAC : chacun voit seulement ce dont il a besoin
Le contrôle d'accès basé sur les rôles (RBAC) permet de limiter précisément ce que chaque utilisateur peut faire ou voir. Un exemple concret :
- Marketing : lecture seule.
- Facturation : édition limitée.
- Prestataire externe : accès temporaire.
Les comptes partagés sont à proscrire. C'est souvent là que tout dérape.
Les meilleurs outils gratuits de cybersécurité pour TPE et freelances
Pour gérer les droits et les accès au quotidien :
- Google Workspace : gestion des rôles, logs d'activité, MFA.
- Airtable : permissions par vue, colonne ou équipe.
- Microsoft Entra ID Free : contrôle d'accès et SSO.
Pour protéger votre réseau sans dépenser un euro :
Pare-feu | Facilité | Fonctions clés | Hardware minimum |
pfSense | Installation en 1h | VPN, IDS/IPS | 2 Go RAM |
OPNsense | 30 min | API, 2FA native | 1 Go RAM |
IPFire | Très simple | Proxy intégré | 512 Mo RAM |
Ces solutions open source appliquent toutes le même principe de bon sens : refuser tout par défaut, autoriser seulement ce qui est nécessaire.
Former ses équipes à la cybersécurité sans budget : les ressources françaises gratuites
Le risque humain reste le premier vecteur d'attaque. Heureusement, il existe des ressources françaises gratuites, sérieuses et accessibles :
- Mallette Cyber de Cybermalveillance.gouv.fr : kit imprimable et fiches pratiques prêtes à l'emploi.
- Modules e-learning SERENE-RISC / France Num : 11 modules de 30 minutes chacun.
- CNIL Pixees : vidéos courtes et quiz pour tester ses connaissances.
Le format qui fonctionne le mieux pour une TPE :
- 15 minutes de sensibilisation par semaine,
- 4 sessions par an,
- 1 simulation phishing mensuelle.
La rétention est supérieure en micro-learning qu'en longue session de formation. Moins c'est lourd, plus ça reste.
Cyberattaque : que faire dans les premières heures pour limiter les dégâts ?
Quand ça arrive, chaque minute compte. Voici les quatre étapes du plan de réponse recommandé.
1. Isolement immédiat (dans l'heure)
- Déconnexion d'Internet.
- Mise hors ligne des sauvegardes.
- Conservation des logs.
2. Notification
- CNIL sous 72h si des données sont impactées.
- Assureur cyber.
- Dépôt de plainte.
3. Reconstruction (24 à 48h)
- Réinstallation complète.
- Changement de tous les mots de passe.
- Renforcement MFA.
4. Restauration (72h)
- Depuis des sauvegardes vérifiées.
- Test en environnement isolé.
Un audit post-incident permet de réduire 60 % des récidives. Ne pas le sauter, même quand on est soulagé que ce soit terminé.
Assurance cyber pour freelance et TPE : une protection indispensable, même pour 300 clients
Une RC Pro option cyber coûte entre 300 € et 1 000 € par an selon le profil. En échange, elle peut couvrir :
- La formation de vos collaborteurs,
- La gestion de crise,
- L'accompagnement CNIL,
Surtout, gardez en tête que le coût moyen d'un ransomware pour une petite structure peut atteindre 50 000 €. Face à une prime annuelle entre 300 € et 1 000 €, le calcul est vite fait. Et 60 % des TPE évitent la faillite grâce à un plan de gestion de crise structuré.
FAQ cybersécurité pour freelances et TPE
- Une micro-entreprise est-elle vraiment concernée par le RGPD ?
Oui. Dès qu'une donnée personnelle est collectée (nom, email, téléphone), les obligations s'appliquent, sans exception de taille. - Dois-je notifier la CNIL pour chaque incident ?
Non, seulement si la violation présente un risque pour les personnes concernées. Le délai maximal est de 72 heures. - La MFA est-elle suffisante ?
Elle bloque 99 % des attaques liées aux mots de passe, mais doit être complétée par des sauvegardes régulières et un contrôle rigoureux des accès. - Une base de 300 clients justifie-t-elle une assurance cyber ?
Oui, sans hésiter. Le coût d'un ransomware peut atteindre 50 000 €, contre une prime annuelle de 300 à 1 000 €. - Combien de temps faut-il pour mettre en place un socle minimal ?
Une à deux semaines suffisent pour appliquer les règles essentielles : inventaire, sauvegardes, mises à jour, pare-feu, MFA.
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