Un expert révèle les 9 risques IT qui coûtent le plus cher aux entreprises
Sommaire
- Pourquoi les litiges IT naissent-ils d’abord du contrat ?
- Quels sont les manquements contractuels les plus fréquents ?
- Quand un bug devient-il un vrai risque financier ?
- Que se passe-t-il lors d’une régression en production ?
- Pourquoi la perte de données déclenche-t-elle rapidement une réclamation ?
- Quels coûts sont généralement observés ?
- Où se situe la frontière entre RC Pro et assurance cyber ?
- Pourquoi les risques invisibles sont-ils souvent les plus coûteux ?
- Quels sont les 9 risques IT à garder en tête ?
- Récapitulatif : les assurances clés et leur rôle dans la couverture des risques IT
- Foire aux questions - Risques IT et assurance RC Pro
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On associe souvent le risque technologique à une panne importante ou à une cyberattaque massive. Mais ce sont les incidents ordinaires qui causent le plus fréquemment des pertes financières: un bug livré trop vite, une base de données modifiée par erreur, un fournisseur indisponible, un contrat mal cadré…
En assurance informatique, on parle de risque IT dès lors qu’une situation liée aux outils, au code, aux données, aux prestataires ou aux processus entraîne une perte financière ou une mise en cause de responsabilité.
Pour mieux comprendre ces enjeux du quotidien, Hiscox a interrogé son expert en assurance pro, Louis Lacroute, à l’occasion de la création d’un guide dédié aux professionnels de la tech, disponible gratuitement en téléchargement. Quelles sont les vraies menaces qui pèsent sur votre activité numérique et comment les éviter ? Louis vous éclaire sur les questions que vous vous posez.
Obtenez un résumé de l'article :
Pourquoi les litiges IT naissent-ils d’abord du contrat ?
Réponse de notre expert, L.L. :
« Le risque numéro un reste le manquement contractuel. Il ne s’agit pas d’une attaque externe mais d’un écart entre ce qui était prévu et ce qui a été livré. Livrable imprécis, planning irréaliste ou recette mal définie exposent directement le prestataire.
Les conséquences prennent la forme de pénalités, de reprises de travaux ou de réclamations écrites. C’est le quotidien des projets informatiques. »
Quels sont les manquements contractuels les plus fréquents ?
L.L. : «
- Le retard de livraison
Un projet livré après une date critique peut générer une perte d’exploitation. Par exemple, un site e-commerce livré après une période de promotion. Le client chiffre son préjudice et engage la responsabilité du prestataire. - Le désaccord sur le livrable
Lorsque les critères de fin de projet ne sont pas clairement définis, le client peut estimer que le produit livré ne correspond pas à ce qu’il a acheté. Cela conduit souvent à des reprises ou à un règlement amiable. - Les modifications sans avenant
Un changement accepté en cours de projet, sans ajustement du prix ni du délai, crée une dette technique et organisationnelle. En cas d’échec, le client se réfère uniquement aux engagements initiaux.
Dans ces situations, la responsabilité civile professionnelle informatique permet de protéger la trésorerie si le client met en cause le prestataire. »
Quand un bug devient-il un vrai risque financier ?
Réponse de notre expert, L.L. :
« Un bug n’est problématique que s’il cause un dommage. En informatique, ce dommage prend rapidement la forme d’une indisponibilité, d’une régression fonctionnelle ou d’une chute de performance bloquant l’activité du client. »
Que se passe-t-il lors d’une régression en production ?
L.L. : « Si la mission inclut le développement et la maintenance, le prestataire est attendu sur la qualité et la non-régression. Une mise à jour qui rend un module de paiement inutilisable peut entraîner une perte de ventes et des coûts internes pour le client. La responsabilité professionnelle peut alors être engagée. »
Et si l’incident vient d’un prestataire tiers ?
L.L. : « C’est un point critique. Le dernier intervenant est souvent mis en cause par réflexe, même si l’origine du problème vient d’un hébergeur ou d’un fournisseur externe. D’où l’importance de cadrer contractuellement ce qui relève du périmètre du prestataire et de documenter les responsabilités. »
Pourquoi la perte de données déclenche-t-elle rapidement une réclamation ?
L.L. : « Les données sont l’actif le plus sensible d’une organisation. Une suppression accidentelle, une mauvaise manipulation ou un accès trop large génèrent immédiatement des coûts en cascade. »
Quels coûts sont généralement observés ?
L.L. : «
- L’intervention technique pour restaurer les données ;
- Le temps perdu côté client et les coûts internes associés ;
- Une éventuelle indemnisation si un préjudice est démontré.
Lorsque des données personnelles sont concernées, le cadre du RGPD s’applique. Accès non maîtrisé, export non sécurisé ou manipulation de données sensibles exposent directement le prestataire.
Selon IBM, le coût moyen d’une violation de données atteignait 4,24 millions de dollars en 2021. Pour les PME, ce coût moyen s’élevait à 2,98 millions de dollars. »
Où se situe la frontière entre RC Pro et assurance cyber ?
L.L. : « La RC Pro informatique couvre la responsabilité du prestataire lorsque son travail cause un dommage à un tiers. L’assurance cyber couvre l’attaque subie par l’entreprise et la gestion de crise associée.
La frontière dépend de la mission. Si la sécurité faisait partie du périmètre et qu’elle a été mal exécutée, la responsabilité peut être engagée. Si l’attaque survient après livraison, sans engagement de sécurisation, la responsabilité du prestataire n’est pas automatique. »
Pourquoi les risques invisibles sont-ils souvent les plus coûteux ?
L.L. : « Les dépendances sont des multiplicateurs de risque.
Shadow IT
Dans les petites structures, l’utilisation d’outils non validés est fréquente. Stockage personnel, applications gratuites ou appareils non sécurisés créent des failles sans visibilité ni contrôle.
Fournisseurs tiers
Chaque dépendance élargit la surface de risque. Même un prestataire reconnu peut devenir un point faible. Il est essentiel de cartographier les services critiques et de préciser leur rôle dans les contrats.
Obsolescence technologique
Une technologie non supportée est plus vulnérable et plus coûteuse à maintenir. Les incidents liés à l’obsolescence coûtent en moyenne 600 000 euros aux entreprises. Pour une TPE ou un freelance, quelques dizaines de milliers d’euros peuvent suffire à mettre en difficulté l’activité. »
Quels sont les 9 risques IT à garder en tête ?
L.L. : «
- Manquement contractuel
- Bug en production
- Perte de données
- Non-conformité RGPD
- Ransomware
- Attaque par déni de service
- Shadow IT
- Dépendances fournisseurs
- Obsolescence technologique »
Récapitulatif : les assurances clés et leur rôle dans la couverture des risques IT
Pour vous aider à y voir plus clair, nous avons synthétisé dans le tableau ci-dessous les principales assurances indispensables et leur rôle dans la couverture des risques IT.
| Critère | RC Pro IT | RC exploitation | Assurance cyber |
| Nature du risque | Responsabilité liée à la prestation | Dommages hors prestation | Incident cyber subi |
| Exemples | Bug, retard, livrable non conforme | Dommage matériel chez un client | Ransomware, phishing, indisponibilité du SI |
| Rôle clé | Protection de la trésorerie et de la réputation | Protection dans le quotidien de l’entreprise | Continuité d’activité et gestion de crise |
Foire aux questions - Risques IT et assurance RC Pro
En complément de cet entretien et du guide dédié aux professionnels de la tech, nous vous proposons une FAQ pour éclairer les points clés à retenir.
- La RC Pro est-elle obligatoire pour un développeur freelance ?
Non. La loi ne l’impose pas, mais de nombreux clients l’exigent contractuellement, notamment dans les secteurs institutionnels et les grandes entreprises.
- Pourquoi un client demande-t-il une attestation RC Pro ?
L’attestation prouve l’existence de la couverture, les montants garantis et les activités assurées. Elle facilite la signature et le démarrage des missions.
- Un prestataire est-il responsable en cas de piratage du site livré ?
La responsabilité dépend du périmètre contractuel. Si la sécurisation faisait partie de la mission, le prestataire peut être mis en cause. Sinon, l’attaque externe après livraison n’entraîne pas automatiquement sa responsabilité.
- Quelle différence entre RC Pro, RC exploitation et assurance cyber ?
La RC Pro couvre la responsabilité liée à la prestation. La RC exploitation couvre les dommages de la vie courante de l’entreprise. L’assurance cyber couvre l’attaque subie et la gestion de crise associée.
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