Impact de votre cyberscore sur vos primes d'assurance.

Notation cybersécurité : comment votre cyberscore peut faire varier vos primes d’assurance cyber

Publié le 12/12/2025 11:00 | Mis à jour le 12/12/2025 11:00 | 7 min de lecture

La cybersécurité n’est plus réservée aux grandes entreprises ou aux experts informatiques. Pour les TPE, PME et freelances, elle a un impact direct sur votre portefeuille, car elle influence le prix de votre assurance cyber. Chaque faille, chaque vulnérabilité peut se traduire par une prime plus élevée, tandis qu’une bonne protection peut vous faire économiser plusieurs centaines d’euros par an.

La clé pour comprendre cette dynamique ? La notation de cybersécurité, ou cyberscore. Ce score chiffre la sécurité de votre entreprise et devient un indicateur suivi de près par les assureurs pour évaluer le risque. Dans ce guide, nous vous expliquons comment fonctionne cette notation, quels incidents font grimper vos primes, et surtout, comment vous pouvez agir pour réduire vos coûts tout en protégeant vos données et celles de vos clients.

 

Obtenez un résumé de l'article :

 

Qu’est-ce que la notation de cybersécurité et comment est-elle calculée ?

La notation de cybersécurité est une évaluation chiffrée du niveau de sécurité d’une entreprise face aux risques numériques. Elle attribue un score, souvent sur une échelle de A à F, ou sur une échelle numérique, qui reflète :

  • La robustesse des mesures de sécurité mises en place.
  • La gestion des vulnérabilités.
  • La capacité à prévenir et à réagir en cas d’incident.

Les principaux fournisseurs internationaux de solutions de notation sont BitSight, SecurityScorecard, Resilium et Board of Cyber. En France, le Cyberscore est déployé sur les sites web des entreprises (loi 2022) pour informer les clients et partenaires sur le niveau de sécurité des services numériques.

Critères pris en compte :

  • Gestion des vulnérabilités et mise à jour des logiciels.
  • Contrôle des accès et authentification multifactorielle (MFA).
  • Sauvegarde et chiffrement des données.
  • Sensibilisation et formation des collaborateurs aux risques cyber.
  • Historique des incidents et réactivité en cas de crise.
  • Organisation et gouvernance de la sécurité, conformité RGPD, maîtrise des sous-traitants.

Une bonne notation signale aux assureurs que l’entreprise a mis en place des pratiques de prévention efficaces, réduisant ainsi la probabilité et la gravité des sinistres.

 

Comment la notation de cybersécurité influence-t-elle les primes d’assurance ?

Les assureurs utilisent la notation pour évaluer le niveau de risque cyber. Un score élevé montre que l’entreprise maîtrise ses risques, ce qui se traduit par des primes plus basses et des conditions de garantie avantageuses. À l’inverse, un score faible peut entraîner des primes plus élevées, des franchises importantes ou un refus de couverture.

Tendances récentes :
  • Depuis 2024, les primes d’assurance cyber ont baissé en moyenne de 15 % en France, en partie grâce à l’amélioration globale des pratiques de cybersécurité et à la généralisation des audits préalables à la souscription.
  • Les entreprises qui investissent dans leur cybersécurité voient leur exposition financière diminuer et bénéficient d’un meilleur accès à des assurances adaptées.
Exemple chiffré pour 2025 :
Profil d’entrepriseNotationPrime mensuellePrime annuelleRemarques
Cabinet d’ostéopathie (5 salariés, CA < 200 000 €)A/B44 €528 €Bonne sécurité, MFA, sauvegardes, sensibilisation
Cabinet d’ostéopathie (même profil)C/D115 €1 380 €Sécurité insuffisante, franchises élevées
Entreprise de conseil informatique (10 salariés, CA < 1 M €)A/B115-150 €1 380-1 800 €Audits réguliers, formation, cybersurveillance
Entreprise de conseil informatiqueC/D250 €3 000 €Faible maîtrise des risques, garanties limitées

Source : étude LUCY 2025 de l’AMRAE. 


Ces chiffres montrent que 15 à 25 % d’économie annuelle peuvent être obtenus grâce à une meilleure notation de cybersécurité.

 

Quels types d’incidents cyber font augmenter les primes ?

Tous les incidents ne sont pas pris en compte de la même manière. Les assureurs se concentrent sur ceux qui provoquent :

  • Une perte de données sensibles.
  • Une interruption significative des services.
  • Une compromission de systèmes critiques.
Incidents les plus impactant :
  • Fuite ou vol de données personnelles ou sensibles (clients, santé, bancaires).
  • Attaques par ransomware entraînant un blocage ou une perte de données.
  • Phishing et usurpation d’identité.
  • Attaques DDoS provoquant l’interruption d’un service essentiel.
  • Sabotage interne ou erreurs humaines affectant la sécurité.
Seuils déclencheurs de hausse de prime :
  • Plus de 10 000 personnes concernées par une fuite de données.
  • Données sensibles ou stratégiques compromises (santé, banque, secrets d’affaires).
  • Propagation de l’incident à plusieurs clients ou organisations.

Plus l’exposition est élevée, plus la prime augmente.

 

Comment améliorer sa notation de cybersécurité pour réduire les primes ?

Voici 5 stratégies concrètes adaptées aux TPE, PME et freelances :

  1. Normes et certifications : ISO 27001, NIST, SecNumCloud, RGPD. Ces labels rassurent les assureurs et peuvent réduire la prime.
  2. Audits réguliers : tests d’intrusion, audits internes et externes, simulations d’incident.
  3. Sensibilisation du personnel : formations sur le phishing, l’hygiène numérique, exercices de simulation.
  4. Gestion des accès et mises à jour : MFA sur tous les accès critiques, mises à jour systématiques des logiciels et antivirus.
  5. Sauvegarde et reprise d’activité : sauvegardes chiffrées hors-ligne, Plan de Reprise d’Activité (PRA) et Plan de Continuité d’Activité (PCA) testés régulièrement.  

Exemples de retour sur investissement :
EntrepriseSituation initialeInvestissementNouvelle primeÉconomie annuelleROI
Cabinet comptable (35 salariés)C, 2 880 €/an =8 500 €2 400 €/an480 €3 ans
Agence web (10 salariés)D, 1 800 €/an3 000 €1 350 €/an450 €<2 ans

Source : étude LUCY 2025 de l’AMRAE. 

 

Quelles sont les nouvelles tendances de notation et leur impact ?

La notation devient dynamique et proactive grâce à :

  • Intelligence artificielle : analyse en temps réel des vulnérabilités et comportements des utilisateurs.
  • Surveillance continue : intégration d’indicateurs comportementaux (tests de phishing, gestion des accès).
  • Réglementations : conformité RGPD, NIS2, DORA. Les assureurs exigent des rapports réguliers.

Une notation dynamique permet aux assureurs de constater la capacité de l’entreprise à anticiper les risques, ce qui stabilise ou réduit les primes. À l’inverse, une stagnation ou dégradation du score entraîne une hausse immédiate ou des exclusions de garantie.

 

Foire aux questions (FAQ) – l’impact de la notation de cybersécurité sur les primes d’assurance

  • Qui doit s’intéresser à la notation de cybersécurité ?
    Toutes les TPE, PME et freelances qui traitent des données sensibles ou fournissent des services numériques. Même une petite agence web peut réduire sa prime en améliorant sa cybersécurité.
  • Quel est l’impact moyen sur la prime pour un petit cabinet ?
    Une bonne notation peut réduire la prime de 15 à 20 %, comme pour un cabinet d’ostéopathie qui passe de 115 € à 44 € par mois.
  • Les incidents isolés font-ils augmenter la prime ?
    Pas forcément. Les assureurs évaluent la gravité de l’incident, la réaction de l’entreprise et la posture globale de sécurité.
  • Quels types de données sont considérés comme sensibles ?
  • Données personnelles identifiables (PII).
  • Informations financières et bancaires.
  • Données de santé et biométriques.
  • Informations stratégiques et secrets d’affaires.
  • Origine raciale, opinions politiques ou religieuses, orientation sexuelle.
  • Comment la taille de l’entreprise influence-t-elle la prime ?
    Les petites entreprises numériques bien notées peuvent payer de 110 à 500 € par an, tandis qu’une moyenne entreprise médicale avec notation faible peut atteindre 1 000 à 15 000 € par an.